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Oubliée par les Histoires du théâtre à partir du XVIIIe siècle, Le Favori mérite amplement d’être redécouvert pour la modernité du propos.
Remarquable par la beauté de ses vers et son adhésion aux règles classiques, cette tragi-comédie est une pièce parodique qui met en scène le phénomène de la courtisanerie et les mutations d’une société de plus en plus guidée par l’intérêt personnel, la jouissance et le profit.
Composée l’année de l’inauguration de Versailles, elle fait directement allusion à la disgrâce de Fouquet.
Faisant de la Cour une cage dorée, Louis XIV enferme et contrôle ses courtisans. La pièce de Mme de Villedieu peint brillamment l’asphyxie de ces sujets-objets, privés de liberté, comblés mais insatisfaits.
Elle montre habilement la perversité de la politique-spectacle mise en place par Louis XIV pour mieux instrumentaliser la Cour : en transformant les corps en marionnettes destinées à son bon plaisir, il les rend veules, hypocrites, superficiels et vides d’engagement éthique. Le roi prend ainsi le risque de faire triompher les tartuffes et de transformer ses anciens alliés en futurs misanthropes…